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Le Pen et le ministre de l’Intérieur dans un débat télévisé

Publié le : 11/02/2021 – 19:20Modifié : 11/02/2021 – 19:24

Marine Le Pen, leader de l’extrême-droite française, et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’affrontent jeudi soir sur la chaîne de télévision publique France 2 dans un débat considéré comme un test décisif pour l’élection présidentielle de 2022. Les principaux sujets : Islamisme, immigration et sécurité.

Le débat intervient alors que les sondages d’opinion montrent que Le Pen risque de se retrouver face au président sortant Emmanuel Macron dans la course à la présidence de l’année prochaine.

Le Rallye national de Le Pen a réalisé sa plus forte performance à ce jour lors du vote de 2017.

En nommant Darmanin, un homme d’origine maghrébine, ouvrier, d’origine et d’un engagement sans compromis pour les valeurs laïques de la France, comme ministre de l’Intérieur en juillet, Macron a signalé son intention de gagner les électeurs conservateurs.

Mode de vie français

Après le meurtre brutal de l’enseignant Samuel Paty en banlieue parisienne en octobre, Darmanin a juré d’éradiquer les extrémistes, disant qu’il voulait « préserver le mode de vie français », invitant à la critique qu’il ne visait pas seulement les islamistes mais tous les musulmans.

Darmanin affirme que les groupes minoritaires qui restent au sein de leur propre communauté sont plus vulnérables à la radicalisation. Sa vision pour le pays inclut moins de bouchers halal et la limitation des magasins de vêtements ethniques et des rayons spécialisés dans les supermarchés.

« Cela m’a toujours choqué d’entrer dans un supermarché et de voir un rayon consacré à l’alimentation d’une communauté, et un autre à côté », a déclaré M. Darmanin à la télévision française en octobre. « Certaines personnes doivent comprendre que gagner des parts de marché en faisant appel aux instincts de base ne contribue pas nécessairement au bien commun ».

Le procès Le Pen

Mercredi, Marine Le Pen a été jugée pour avoir enfreint les lois sur les discours de haine en tweetant des images d’atrocités commises par le groupe armé de l’État islamique.

En 2015, peu après que les attentats terroristes islamistes à Paris aient fait 130 morts, le leader du parti du Rassemblement national a partagé des images publiées par IS qui montraient l’exécution graphique de plusieurs prisonniers.

Le Pen affirme que ces accusations remettent en cause son droit à la liberté d’expression.

Le débat de jeudi, qui débutera à 21h30, heure de Paris, sera suivi de près par les partisans et les détracteurs de la députée, qui voudront savoir si elle a affiné sa technique depuis sa dernière prestation lors du débat présidentiel contre Macron en 2017.

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